Yves Laboucarié, mémoire vive

Yves Laboucarié


En charge des 35 ha de vignes familiales à Boutenac, puis propriétaire du domaine de Fontsainte dès 1969, Yves Laboucarié a pris une part décisive dans l’émergence du cru Boutenac. Il en est la mémoire vivante et volubile. « La mécanisation du vignoble a démarré au milieu des années 1950, mais j’ai commencé à travailler sur le domaine à la fin du cheval. Je me souviens encore de M. Clady, le vétérinaire de Lézignan, avec sa veste noire et ses mains gantées, soignant les animaux à distance ; c’est le maréchal-ferrant qui soulevait les sabots ! »

« J’ai lancé la mise en bouteilles en 1964 avant même d’acquérir Fontsainte. En ce temps-là, la maison Nicolas vendait le corbières sous la marque Chaintreuil, sans mentionner l’origine. On partait de loin ! ».

 

 

Dès 1967, Yves Laboucarié fait partie de la poignée d’hommes qui crée la sica du Val d’Orbieu pour développer les ventes en direct. Avec le millésime 1973, le vin de Fontsainte entre dans la cave de l’Elysée. Mais le vrai décollage date de 1981, grâce à l’exportation. « Kermit Lynch, le grand importateur californien, a débarqué à la cave en novembre. Il m’a fait parler tout l’après-midi. Puis nous sommes allés goûter les fûts dans lesquels on élevait la cuvée de la Demoiselle 1980, du nom d’une parcelle de 5,80 ha. En partant, Kermit Lynch m’a dit qu’il reviendrait le lendemain passer commande. Il est arrivé bien plus tard que prévu, en s’excusant. Il avait tenu à voir la Demoiselle et, tel l’inspecteur Colombo, il l’avait trouvée en interrogeant des ouvriers qui travaillaient dans le coin. C’était moins une jeune fille en herbe qu’une vieille fille en vigne, mais saine de corps et d’esprit, avec certains cépages datant de 1905, du carignan pour l’essentiel, avec une exposition privilégiée au soleil levant, à l’abri du Cers… Kermit Lynch a toujours l’exclusivité de nos vins sur le marché américain ».

En 1985, le vignoble des Corbières est reconnu en AOC. « Quelques vignerons ambitieux ont voulu aller plus loin, en prenant exemple sur les grands crus alsaciens. Mais le syndicat des Corbières a alors tenté de découper l’appellation en six ou sept terroirs, le secteur de Boutenac étant intégré dans le terroir de Lézignan. Je n’étais pas d’accord. Géologiquement, la situation est très différente. Au final, on a délimité un terroir à part et on lui a donné le nom de Boutenac. Tout tourne autour du massif de la Pinède et Boutenac est au cœur du massif. C’est aussi le seul village où il n’y avait pas de coopérative, il est seulement entouré de domaines comme Villemajou, la Voulte-Gasparets, Sainte-Lucie, Fontsainte… Ce qui n’a pas empêché les présidents des caves coopératives alentour de nous soutenir ».

Après avoir fait ses classes auprès de Georges Bertrand, Bruno Laboucarié a pris la suite de son père en 1995. « Il s’est inscrit dans une cordée, commente ce dernier, maintenant il est le premier de cordée ». D’une nature plus discrète, Bruno a néanmoins pris toute sa place, n’hésitant pas à modifier sensiblement les modes de culture et de vinification du domaine, lançant le Clos du Centurion, en AOC Corbières-Boutenac. « Fontsainte, aujourd’hui, dit-il, ce sont 60 hectares en production et 90% des ventes à l’exportation, aux Etats-Unis et en Allemagne historiquement, et en Chine depuis dix ans ».

Gérard Bertrand, le fils du père
Yves Laboucarié, in living memory




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