Depuis le XVIIIe siècle, les botanistes aiment herboriser sur les sols de grès des bois de Boutenac, très riches en cistes. L’enchantement printanier qu’offre leur floraison est l’une des “marques du cru”

 

Retour sur la 6e édition de cette randonnée cousue main pour œnophiles curieux.
15 km de marche et, chemin faisant, la découverte de paysages,
d’un patrimoine, de personnages et de vins en harmonie.

Mise en jambe à Gasparets
Au départ du château de Boutenac, de bon matin, l’air est plutôt frais en ce samedi 25 mai. Il a fallu se couvrir, le vent n’a pas encore balayé les nuages. Direction le hameau de Gasparets, ses maisons de maitre et le chai de la Voulte-Gasparets, via certaines des plus belles parcelles de ce domaine de 55 hectares.
Laurent Reverdy accueille les groupes tour à tour.
Patrick, son père, prend le relais dans le classieux chai d’élevage aménagé en 2005. L’occasion d’un rappel historique. “Nous avons commencé à élever nos vins rouges en barriques en 1978. Yves Laboucarié avait été le premier, un an plus tôt, au domaine de Fontsainte. Fontsainte, Villemajou et La Voulte-Gasparets ont ainsi ouvert la voie au cru Boutenac. Notre cuvée Romain Pauc est élevée onze à douze mois en fûts, dont seulement 20% de fûts neufs”.
Très attachés à l’élevage sous bois, les Reverdy ont innové plus récemment en lançant “Une fois de plus”, une nouvelle cuvée en AOC Corbières à très forte dominante de mourvèdre sur galets roulés, fermentée et élevée en barriques de un vin.

De Saint-Martin à Saint-Jean
De Gasparets, il suffit de quelques minutes pour atteindre l’église Saint-Martin, construite au XIIe siècle sur les restes probables d’une construction wisigothique, qui se refait une beauté. Il était urgent de consolider le clocher emblématique du cru Boutenac. “Notre histoire est marquée par Martin, rappelle Louis Fabre. Son nom est partout. L’unité de la France s’est faite autour de Martin et de ses vertus de partage”. On serpente ensuite sur les croupes de galets roulés fraîchement labourées, on longe Villemajou en travaux, puis de beaux masets, on traverse un ruisseau, avant d’atteindre Saint-Jean-de-la-Gineste. Moment d’émotion entre un rosé délicat et la belle cuvée Crépuscule. Marie-Hélène Bacave tient le vignoble de 20 ha à bout de bras depuis la disparition de son mari. “Je travaille artisanalement avec ma fille. Son arrivée et la collaboration avec une jeune œnologue, Lucie Gauthier, m’ont reboostée et redonné de l’élan à Saint-Jean”.
On respire, Boutenac est aux petits soins pour ses saints.

Casse-croûte aux Ollieux
Ciel menaçant oblige, le pique-nique dans le parc s’est transformé en casse-croûte sous la belle charpente du vaste préau de la cave du château des Ollieux. Toute l’équipe de Pierre Bories est sur le pont. Un verre de rosé frais en signe de bienvenue. Grandes tablées, charcuteries, taboulet, discussions animées. A côté d’Alta Sia, AOC Corbières-Boutenac non élevé en barriques qui est l’une des cuvées phares du château des Ollieux, c’est l’occasion de découvrir, sans chichi, Alba,
la nouvelle gamme d’AOC Corbières haut de gamme : deux cuvées parcellaires sur les grès de Boutenac, un rosé et un rouge aux assemblages iconoclastes (grenache/cinsault) et à l’épatante expression minérale. Après ça, on reprend la marche.

En longeant le Pinada
Après les Ollieux, cap sur Fontsainte, autre domaine historique du cru. Devant le grand mas, calé au pied du massif du Pinada, certains très vieux ceps prennent ppui sur des rocs de grès. La cuvée du Centurion, en référence à une monnaie romaine frappée sous Tibère retrouvée dans les vignes, témoigne de l’antique présence des vignes dans ces parages. Une tradition qui n’est pas étrangère au succès des vins du domaine sur de lointains marchés, aux Etats-Unis comme en Chine.
Le soleil perce enfin, tandis qu’on dodeline sur les chemins de vignes bordés de buissons de genêts en fleurs. Au coin de la parcelle favorite de Cécile Bonnafous, le sorbet de fraise garriguette de Pôle Sud est bienvenu. Halte fraîcheur avant de s’enfoncer dans la pinède et de regagner le point de départ. La boucle est bouclée, alors que l’après-midi est bien avancé.
Au crépuscule, la plupart des randonneurs et des vignerons du cru se retrouvent au château de Boutenac. La découverte se poursuit. En musique.

Pendant des décennies, le terroir de Boutenac a été l’un des plus sûrs refuges du carignan, cépage placé sous le feu des critiques. La pérennité de ce patrimoine est un enjeu essentiel pour l’appellation.

Avec le recul, on peut dire qu’il fallait un beau culot pour imaginer une AOC fondée sur le carignan à la fin du XXe siècle. A cette époque le vent soufflait franchement en sens contraire. Partout en Languedoc, les règlements d’appellation fixaient des plafonds au carignan dans l’encépagement, déroulant le tapis rouge au trio syrah-grenache-mourvèdre. Défendre les couleurs du carignan relevait de l’archaïsme ou de la provocation. Imperturbables, sûrs de leur fait, les leaders de Corbières-Boutenac n’ont pas hésité à imposer une proportion de 30 à 50% de carignan dans l’encépagement des exploitations désireuses de produire de l’appellation finalement reconnue en 2005.

Entre la loi de 1905 contre les fraudes qui introduit la délimitation des régions
à appellation d’origine et la reconnaissance de l’AOC Corbières-Boutenac en 2005, un siècle a passé. Pourtant, dès 1908, ce terroir des Basses Corbières était identifié

Beaucoup l’ont oublié : en délimitant les appellations Corbières, Blanquette de Limoux et Minervois dès 1908, le département de l’Aude figure parmi les pionniers au niveau national. Dans le contexte de la grande crise viticole du début du XXe siècle qui a suivi la reconstitution du vignoble après le désastre du phylloxéra, la création du premier syndicat des Corbières et la première délimitation de l’appellation en 1908 font figure d’épiphénomènes. C’est pourtant bien afin de lutter contre la crise, que les parlementaires votent la loi du 1er août 1905.




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